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 I won't leave you alone in this world.

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Mikhail Snow


Messages : 5
Date d'inscription : 22/05/2016

MessageSujet: I won't leave you alone in this world.   Ven 27 Mai - 18:54

Tout avait pourtant commencé normalement, si son concept de normalité était pris en compte. Ce n’était qu’une journée comme une autre, où il avait erré sans réel but entre leur maison du moment et les rues de la ville. Il s’était réveillé avec Arlo, ils étaient partis travailler avec l’habituel « à ce soir », et la journée avait suivi son cour. Jusqu’à ce que Mikhail se retrouve à paniquer sans raison à l’angle d’une rue, et qu’il aille automatiquement fouiller ses poches pour trouver son médicament. Jusqu’à ce qu’une ligne n’eût pas l’effet escompté, et qu’il en prenne une autre. Jusqu’à ce que l’inconscience prenne le dessus et que la dose de son poison augmente bien plus que d’habitude. Il avait paniqué sans raison. Il pensait qu’il avait peur. De quoi ? Même lui ne le savait pas. Mais il réalisa ce qu’était vraiment la peur lorsque la dernière trace de poudre blanche disparut, et que les effets frappèrent comme un coup de canon dans son crâne. Le monde fada devant ses yeux pendant que son cœur bâtait plus fort que jamais dans son crâne, beaucoup trop vite.  Sa respiration s’emballa, une sueur froide traversa tout son corps, et ses mains se mirent à trembler incontrôlablement. La douleur s’insinua, vicieuse, dans sa poitrine, et il ouvrit la bouche pour appeler à l’aide, mais aucun son n’en sortir. Il allait mourir. Il en était profondément conscient, alors qu’il se tenait, impuissant, contre le mur de la rue. Son corps ne lui répondait plus, et plus rien ne s’étendait devant ses yeux qu’un écran noir brouillé par ses tremblements. C’était donc ça, la peur. Cette main gelée qui nous prend à la gorge pour la brûler de l’intérieur, qui coupe notre respiration pour ne laisser en nous que ce sentiment d’impuissance, cette faiblesse, face à la fatalité. Faible. Il était faible.

On dit que notre vie défile devant nos yeux quand on est en train de mourir. Ce fut la dernière chose que se dit Mikhail avant de s’écrouler. Mais ce ne fut pas sa vie, qu’il vit, alors que des voix s’agitaient autour de lui. Ce fut Arlo. Juste Arlo. Arlo et son sourire. Arlo et les larmes qui perlaient au coin de ses yeux sans raison de temps à autre. Arlo et ses élans de romantismes soudains. Arlo et les marques sur sa peau. Arlo et ses baisers. Arlo et sa lutte sans fin contre lui-même. Arlo qu’il n’allait pas pouvoir retrouver le soir devant la télé. Arlo qui allait l’attendre en vain. Arlo qu’il laissait seul face à lui-même parce qu’il était trop stupide pour faire attention aux limites de son corps. Arlo qu’il n’allait plus pouvoir essayer de sauver. Arlo qu’il était en train d’abandonner. Il aurait voulu dire aux gens qui le déplaçaient en appelant les secours de lui demander pardon pour lui. Il aurait voulu que quelqu’un lui promette qu’il serait heureux quand même. Qu’il n’allait pas se détruire par sa faute. Que tout irait bien. Mais alors qu’un élan d’oxygène s’insinua au plus profond de ses poumons, alors que le bruit de l’ambulance vint se mêler aux battements de son cœur, alors que ses yeux réussirent à discerner quelques silhouettes, la douleur dans sa poitrine finit de l’achever et il sombra dans l’inconscience.

Ses yeux se rouvrirent bien plus tard sur un plafond blanc, et la lumière aveuglante le força à les fermer de nouveau. Pendant quelques secondes, il se demanda si c’était ça, le paradis, si les croyants avaient eu raison dès le début, avant de sentir la sensation familière de draps sous ses doigts, et celle pas si familière que ça de machines branchées à son corps. Mais il y fit à peine attention, tant l’autre sensation prit le dessus sur tout le reste. Cette sensation qu’il n’était pas seul. Qu’il était là. Dans la même pièce que lui. Peut être venait-il d’entrer, peut-être était-il là depuis des heures. Il ne savait même pas combien de temps lui-même avait passé dans cette pièce. La présence d’Arlo lui donna le courage nécessaire pour rouvrir ses paupières, et son regard se posa sur celui qui avait été sa dernière pensée. « Can I stay in heaven a little bit longer? » Imbécile. Ce n’était certainement pas ce qu’il voulait entendre après avoir appris ce qu’il avait fait. La honte le prit à la gorge, et il détourna légèrement le regard en essayant de sourire. « Sorry, Arlo. I don’t know what happened, I … I messed up. I wasn’t planning on leaving you alone. » La main de Mikhail alla chercher la sienne, doucement, presque plus pour le rassurer lui que pour se rassurer lui-même. Il était en vie. Il n’était pas mort dans cette rue. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à affronter le regard de celui qu’il avait failli perdre à jamais. De celui qu’il avait failli abandonner à sa solitude. Il serra légèrement sa main en lui souriant plus sincèrement. « What about that healing kiss? »
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Arlo Bates


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Date d'inscription : 22/05/2016

MessageSujet: Re: I won't leave you alone in this world.   Ven 27 Mai - 20:06

Le téléphone portable d'Enoch avait sonné une, deux, six fois avant que l'un des enfants ne daignent décrocher. C'était Delilah, abandonnant volontiers ses devoirs pour se jeter sur l'appareil, souriant sous les gros yeux d'Arlo. « Yes ? Oh, Elise. What happened ? » Les mots s'éternisent entre ses lèvres et les yeux de la jeune fille s'agrandissent, le gamin relève la tête en fronçant les sourcils, il s'est passé quelque chose ? Silencieuse, la blonde lui tend le téléphone avant de se replier sur elle-même, le visage coincé sur ses genoux. Le myocarde s'enflamme avant même qu'il n'écoute la voix, il sait que ce n'est pas bon signe, ce n'est jamais bon signe quand la femme les appelle, il décroche un pauvre « hello » qui lui râpe la trachée, il a l'impression de se noyer. Pas de réponses, déglutition difficile. « Mikhail ?  - He's in the hospital. Overdose. They called me. Come, I'll drive you there. » Automate pété, il laisse le téléphone sombrer sur le carrelage, s'exploser en plusieurs morceaux. Les bras de la gamine se referment autour de lui, elle parle mais il ne pige rien, il ne pige plus, c'est elle qui doit le secouer, hurler. Un mot sur la table du salon pour Enoch, il est encore au travail, des clés d'une voiture empruntée, les affaires de Mikhail emballées, Delilah derrière le volant et le pantin aux fils coupés assis à côté, les bras liés autour du sac. Il n'a pas prononcé un mot. La musique s'élève dans la cage, il ne l'entend pas, il n'entend pas les mots rassurants alors qu'elle conduit jusqu'à la maison de la médecin, ils ne sont qu'à quelques kilomètres.

Il va faire quoi, sans Mikhail ?
Hein, s'il meurt, il va faire quoi ?
rien, sans lui c'est qu'un pauvre gamin au cerveau dérangé, et s'il manque un des piliers, leur monde s'effondre.
Arlo, il sait pas vraiment ce que ça contient « overdose », il ne sait pas si c'est la mort. Si c'est juste une blessure. Il sait pas, il ne veut pas le savoir.
Arlo c'est rien, sans lui, sans Delilah, sans Enoch.
Son ventre se fait la malle, il gerbe de la bile quand la voiture s'arrête, son corps se détraque sous la panique.

Le trio déboule dans l'hôpital, Arlo fonce tête baissée vers l'accueil, demandant l'étage. Mais a l'étage, on lui refuse l'accès sans prendre la peine d'argumenter. Un simple non, un simple refus qui lui jette une pierre dans le bide. Il gueule, il hurle, tournant le visage des infirmiers vers eux alors qu'Elise essaye de l'apaiser. « Let me see him ! He's my fucking boyfriend for fuck's sake ! » Au début, il refuse encore le type. Non, il n'est pas de la famille Arlo, non il n'est pas la personne à appeler en cas de danger parce qu'il est instable, parce que Elise a refusé tant qu'il ne prenait pas ses médicaments tous les jours, elle leur a fait noter son nom sur tous les papiers de ce genre, sans leur laisser le choix. Mais la femme parvient à convaincre l'infirmier, et promet à Arlo de ramener Delilah. Il s'en fout, il n'écoute déjà plus. Il veut le voir.

Les larmes dévalent quand il rendre dans la chambre, incapable de les retenir. Le gamin se fait silencieux dans un coin de la chambre, à attendre. Quelques minutes, peut-être une heure agrémentée de bip-bip affreux. Puis le blond rouvre les yeux et ose parler. « Shut the fuck up. No kiss for you. » Colère. Ce n'est jamais beau, la colère, elle tord les visages et les larmes ne cessent de dégouliner dans de nouveaux sillons. Il doit avoir une sale tronche, mais ça ne sera jamais pire que celle de Mikhail. Il grogne, mais il serre ses doigts, un peu trop fort, pour bien vérifier qu'il est là. Il est vivant mais lui panique. « This guy, he-he wouldn't let me see you. I'm not your family. We need to do something 'bout this. » L'idée a germé en quelque seconde, ça pourrait le faire rire mais c'est bien trop idiot même pour simplement en sourire. Puis il s'approche, la main libre qui caresse sa joue, un peu, avant de déposer ses lèvres sur les siennes. « Why ? » Pourquoi ce pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il en a autant prit ? Pourquoi est-ce qu'il continue à en prendre ? Pourquoi leur vie, c'est de la merde continuellement ? Pourquoi aucun engrenage ne s'arrange pour que la machinerie se mette à fonctionner ?  Les larmes se calment. Sans délicatesse, il le bouscule pour s'asseoir sur le haut du lit, prenant la place du blond contre les coussins, avant de l'amener contre lui, en prenant garde à ne pas débrancher un quelconque fil. Un peu de douceur quand il referme ses bras autour de lui, un peu de répit, il n'aime pas l'odeur de l'hôpital alors il colle un peu stupidement son nez dans ses cheveux. Ses doigts se crispent un peu, non il ne pleurera pas de nouveau. « You need to stop this. I don't want you to die. I need you, Pookie. » Le surnom idiot dont il avait besoin. Il est là, il est vivant, il est dans ses bras. Le corps se détend peu à peu alors qu'il béni son humeur, il n'est pas en pleine phase, il est normal. Pour une fois, il peut être celui qui est là. Ses phalanges dégringolent sur un bras de Mikhail, caressant furtivement les cicatrices qu'il connait par cœur. Il va en crever de sa reine blanche, et s'il continue ce sera plus tôt que prévu.
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Mikhail Snow


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MessageSujet: Re: I won't leave you alone in this world.   Lun 30 Mai - 0:55

Honte et peur. Probablement deux des sentiments les moins agréables qu’on puisse ressentir, mais ils sont là, bien présents, pendant que la voix du brun s’élève pour le remettre à sa place, comme s’il n’était qu’un enfant qui avait fait une bêtise. Ils n’étaient que des enfants. Des enfants qui ne savaient pas comment gérer ce que la vie leur lançait à la gueule jour après jour. Des enfants perdus, largués entre les voiles d’un monde qui se casse la figure. « C'mon, I’m hurt, be nice. » Une supplication, lancée comme un pardonne moi qui lui brise la voix. Il ne voulait pas s’énerver, il ne voulait pas crier, il ne voulait pas que ça se passe mal. Mais comment ça pouvait se passer bien, alors qu’Arlo avait dû se ronger les sangs comme il l’aurait fait à sa place ? Ses doigts sont serrés entre les siens, et il essaie vraiment de garder la tête haute, de ne pas craquer, de ne pas exploser en sanglots en lui demandant pardon, d’être fort pour se rattraper d’avoir été si faible. « Fuck this bastard. You’re my family. » Des larmes se coincent dans un coin de sa voix. Ils étaient une famille. Eux, Enoch, et Delilah. Ils étaient plus une famille que la plupart des familles. Et il avait fait n’importe quoi avec sa famille. Encore une fois, tout s’écroulait sans raison, comme s’ils étaient destinés à toujours saborder leur part de bonheur. Un petit rire échappe de ses lèvres pendant qu’il murmure « Or we could get married. » S’accrocher à une lueur de normalité. Essayer de rire pour chasser les larmes, peu importe l’absurdité de ses mots. Les lèvres d’Arlo se posent sur celles du patient, et son cœur manque un battement alors qu’il se retrouve incapable de fermer les yeux. Pourquoi ? Il ne savait même plus pourquoi. Il devait bien y avoir eu une raison, un jour. Il devait bien avoir une explication à donner. La gorge serrée, son corps cherche refuge dans les bras de celui qu’il aime, silencieusement, comme si le contact leur donnerait la réponse qu’ils attendent. Il suit des yeux les doigts du bipolaire sur son bras en collant ses lèvres sur sa mâchoire. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de réponse. Comme il n’y a pas de réponse à l’instabilité d’Arlo. Les cicatrices le prouvent jour après jour.

Machinalement, les doigts du blond vont courir sur le bras de l’autre gamin par habitude, à la recherche d’une nouvelle preuve, d’un nouveau signal, d’un indice qu’il n’aurait pas vu, pendant qu’il prononce ces mots idiots et bien trop vrais. Des larmes commencent à fuir ses paupières, traitres qui ne savent pas rester en place, et il serre les dents en commençant à ressentir les effets du manque, vicieux, le bouffer de l’intérieur. « Truth is I was afraid. I don’t know why. That’s just it. We can’t know why. And you know it too well, you moron. » La honte se couvre de colère, pour se protéger. Il n’a aucune excuse, il ne le sait que trop bien. Ils ne le savent que trop bien. Sans douceur, ses lèvres viennent happer les siennes, violemment, désespérément, comme si quelques secondes les unes contre les autres pouvaient lui faire oublier qu’il n’y avait pas de réponse. « I can’t. » Comme une bombe, le mot est lâché. Il se redresse, essaie d’arracher les fils de sa peau, d’arracher ce qui le tient prisonnier, pendant qu’un frisson glacé lui parcoure l’échine. « I need this, Arlo. You know I do. » Les machines font un bruit d’enfer, perturbées dans leur travail quotidien par les mains du patient. Il s’essouffle, son corps est encore faible, la présence du brun le bloque dans sa tentative désespérée d’aller retrouver Blanche Neige avant que la réalité ne s’insinue dans la pièce. Il reste assis sur le lit, dos à lui, incapable de se relever, incapable de lui faire face. « And I need you. » Sa main repart chercher la sienne, son point d’ancrage, et il puise dans toutes les forces de son courage pour la tirer vers lui, pour qu’il se rapproche, pour qu’il accepte de le reprendre dans ses bras, pour qu’ils ne puissent pas se fuir. « I’m not going to die, you fucking idiot. Who will take care of you if I go, mh? Stop being such a drama. You know I won’t leave you alone. » La raison n’a pas d’importance. Absolument aucune importance. Tout ce qui importe, c’est qu’ils soient toujours là, tous les deux. Tout les quatre. « Maybe we just can’t be fixed. Maybe we don’t want to. What? You think we would be happy, if we like, got married and had children? And a pretty house with a pretty garden and two dogs? C’mon, Arlo. We would be miserable as hell. I’m good with that. » Son visage se perd dans ses cheveux, pour respirer son odeur, et un petit sourire fatigué s’étend sur ses lèvres.

Qui a dit qu’ils devaient avoir une raison ? Qui a dit qu’ils devaient s’excuser ? Le blond le serre dans ses bras, doucement, tendrement, comme si un geste pouvait effacer sa peur, comme si une embrassade pouvait servir de pardonne moi, de ça n’arrivera plus, de ça ira mieux. Un mensonge enveloppé dans de la tendresse. Ses lèvres se posent sur une des cicatrices les plus profondes du bras du brun, et il se relève. « C’mon, let’s get out of here. At least to the hospital’s garden. Far from this smell. » Arlo n’aime pas l’odeur des hôpitaux. Mikhail le sait. Et il est venu quand même, sans hésiter. Ses doigts se lient de nouveau aux siens, retrouvant leur place entre les longues phalanges fines de son seul amour, et il tire à peine dessus, trop faible pour le relever lui-même. S’il ne pouvait pas lui promettre que tout s’arrangerait avec la plus pure sincérité, s’il ne voulait pas voiler son regard, il pouvait toujours lui offrir ces quelques minutes loin d’un endroit qu’il ne supportait pas, quelques minutes d’éternité dans une vie où rien ne se passait jamais comme ils le voulaient. Même si cette vie s’avérait rapetisser d’heure en heure de chacun de leur côté.
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Arlo Bates


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MessageSujet: Re: I won't leave you alone in this world.   Ven 3 Juin - 11:40

C'est de peu qu'il n'est pas tombé en hurlant de peine quand il a entendu les mots de Élise. Le ventre encore retourné, sur le point de s'écraser.  La panique s'effrite, il est vivant. Il est là. « We can marry on an island. And everything will be alright. » C'est faux, et c'est triste. Ils ne seront jamais comme tous ces couples qu'ils voient dans les films, ces gens heureux, qui ont une maison, deux voitures, un chien et trois chats, avec des contrats longue durée, la bague au doigt. Qui ne sont pas malades ou addicts, privés de liberté par une folle furieuse désabusée. Son cœur menace de pleurer quand cette pensée le frappe, ils ne seront jamais heureux et toujours malades. La maison et les animaux de compagnie, ce ne sera jamais pour eux, gamins abandonnés et foutus en taule hypocrite, en mal d'amour, piliers d'un pauvre toit qui se brise jours après jours. A cette pensée, il n'a qu'une envie, se rouler en boule sous le drap avec lui pour imaginer qu'ils sont dans un paradis, un havre de paix, un mensonge de quelques heures. S'armer d'un joint pour s'évader, pour oublier la merde dans laquelle ils sont.  Parfois il percute un peu trop. Dans ces minutes noires, qui s'étiolent sur des jours et jours, l'obscurité du néant, ils ne sont rien, ils sont des catastrophes à jeter à la poubelle. Ces nuits dans le coin d'un lit, à vouloir crever, à se dessiner des arabesques sur la peau à l'encre sanguinolente. Maladie sordide, chaînes monstrueuses, douloureuses.

Ils s'engueulent à voix douce, à voix basse, ils n'ont jamais vraiment les mots qu'il faut, des disputes inutiles et fausses, Mikhail le sale drogué, Arlo le connard taré. Une alliance destinée à foirer mais qui reste cloitrée dans l'éternel. Des baisers sur ses cicatrices, des anciennes et des récentes, des batailles perdues contre lui-même ou contre les autres. Victime et coupable, criminel et cadavre abandonné au bord d'une route. Des signes d'une victoire ou d'une défaite, jamais la même raison pour toujours pour le même résultat, peau matraquée de chemin traversés. Leurs jumelles terribles sur ceux de Mikhail, un pacte de sang idiot et qui les empêche de se foutre en l'air trop vite. Ils pleurent un peu, tous les deux. Les gamins ne sont pas forts, ils sont cassés, ils tiennent à peine debout, ils résistent à chaque horreur. Un jour, ils se feront déraciner sans retour possible, mais jusqu'ici, qu'ils en profitent. « We could be happy anywhere. » Tant qu'ils sont eux, tant qu'ils sont deux, tant que Delilah et Enoch sont là.

Quand il demande de sortir, Arlo saute sur ses pieds sans se faire prier, impatient de respire autre chose que l'air aseptisé de l'hôpital. Mais il ne peut retenir se réplique, « We can go outside Pookie, but you'll stay in the hospital for a few days. » La voix plus basse, un peu cassée. « It's not like everytime, I want to be sure you're safe. » Pour une crise normale il l'aurait fait fuir, signant les papiers de sortie que les majeurs vaccinés peuvent signer, outrepasser les lois dictées par la femme. Une overdose l'effraie, il surveilla jour et nuit l'entrée pour le pousser à l'intérieur des couloirs s'il le faut. Ses doigts s'emmêlent aux siens sans perdre plus de temps, il l'attire vers la sortie en douceur, suivant les couloirs connus, il pourrait les traverser les yeux fermés depuis tant d'années, quelques pas, une porte dégagée et enfin le parc mal entretenu, mégots abandonnés et cadavres se traînant dans l'espoir de voir des étoiles. Il continue son chemin vers un arbre, se laissant tomber à côté, jambes repliées, cherchant dans ses poches pour sortir son paquet de clopes, son briquet, son baladeur. L'herbe est mouillée, le ciel a pleuré, il pianote sur les fleurs entre ses cuisses, « Sit here, I want to hug you. » Il n'aime jamais ordonner, parfois peut-être, mais le besoin de faire l'amoureux colérique lui traverse le corps, ses bras s'étendent pour l'accueillir. Il les referme sur lui, enfouissant son nez dans ses cheveux encore une fois. Loin l'odeur de l'hôpital. Il ne veut pas l'enfermer dans cet endroit.

Un peu perdu dans ses pensées, il capture un brin d'herbe entre ses doigts, l'enroule sur lui même. Quelques nœuds, et il attrape sa main gauche, lui glisse l'anneau vert sur le doigt, gardant ses phalanges entre les siennes. « I want you to hear me. » Ca l'angoisse, un peu, même si c'est pour de faux, même si c'est pour du rien. « Marry me. » Ils n'auront jamais de maison avec un molosse pour en garder l'entrée, ni d'enfants, ni d'amis, ni de travail. Ils n'auront rien, mais ils se suffisent. Famille foutue en l'air ou six pieds sous terre, famille bancale mais famille loyale. Ses mots ne servent à rien, mais il ne s'empêche pas de parler. « I love you more than anything, you know that. I always did. I want to be your family. When we are in the hospital, I want them to let us be this one person they let in. Because we'll come back here, because we're fucked up. I want to be the one they call when this kind of things happen. I want you to be the one they call when I slit too deep in my arm, when I snap in the middle of the street. When we break. I want a bed beside you if you're dying. » Il porte la main à ses lèvres, dépose des baisers. Et peut-être qu'ils seront heureux un jour. Que l'addiction disparaitra,que la maladie guérira. Ce miracle peut toujours arriver, il n'est jamais trop tard. « And... if something great happens, I want to buy a house with you. Cats and dogs. No drugs and no fucking disease. Greats jobs. I want us to have a kid, or two. You know, little imps running around the house, screaming our names and making us mad. It would be great.»  Et si c'est trop tard, leurs vies n'importent pas, autant les lier aussi vite que possible pour leur pire et leur meilleur. Il dépose sa main libre sur le cœur de Mikhail, caresse douce. « It's mine, and mine is yours. » Le brun se penche, dépose ses lèvres contre sa peau, appose une marque violettre contre sa nuque, puis un souffle, une peur un peu coincée dans ses poumons. « You're the only one I'll ever want. » Sa voix repose encore quelques secondes, son cœur aussi. « You can answer. » Dis moi oui.
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Mikhail Snow


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MessageSujet: Re: I won't leave you alone in this world.   Dim 3 Juil - 1:02

Il lève les yeux au ciel pendant que ses doigts se mêlent à ceux du brun, et il suit sa fuite contrôlée sans broncher. « I don’t want to stay here, Muffin. I’m safe at home. C’mooon. » Faire l’enfant pour obtenir ce qu’on veut, ça faisait bien longtemps que ça ne marchait plus, entre eux. Mais le blond continue de faire la moue, borné, en envisageant les quelques longues journées devant lui où il devrait fixer un mur blanc et supporter le manque. Alors c’était ça, sa punition, sa conséquence ? C’était ça, leur vie ? Une erreur après l’autre, une chambre blanche après l’autre ? Un léger soupir se fraye un chemin entre ses lèvres tandis que leurs pas, automates, trouvent le chemin du jardin. Ses yeux se rouvrent quand l’oxygène frappe ses poumons, et il retire sa main de celle du brun pour le laisser s’installer en regardant les nuages danser avec la cime des arbres. « Oh so now you’re the boss, hm? I’m not your pet. » Il grogne, mais il s’installe en souriant, et son corps se colle au sien comme s’ils pouvaient se fondre l’un dans l’autre et ne faire qu’un jusqu’à la fin des temps. Comme s’ils pouvaient ne plus jamais être seuls face au monde. Ses doigts se perdent dans les boucles brunes, doucement, comme pour toucher quelque chose de pur, comme si la douceur d’Arlo pouvait les faire arrêter de trembler, comme si il pouvait s’accrocher là pour ne plus jamais risquer de le perdre. Boucle formée, herbe au doigt, la voix du bipolaire qui s’élève, comme un murmure, un murmure qui crie. Mikhail ne dit rien, ne parle plus, se contente d’entendre, d’essayer d’y croire, de ne pas penser au pire, d’imaginer le meilleur, même si c’est un rêve, même si c’est stupide, même s’ils ne le méritent pas. Son cœur se serre tandis que la main dont il connaît chaque ligne se pose sur son cœur, comme une promesse, et qu’une supplication étouffée s’élève des lèvres qu’il vient embrasser aussitôt.

Sa main se serre autour des boucles brunes, s’y agrippe, comme si ça allait rendre le moment plus réel, et un petit rire étouffé s’échappe d’entre leurs lèvres. « Yes. » Un murmure, à peine audible, il ne réalise pas, il n’y croit pas, c’est comme si un rêve embrumé s’était lié à la réalité qui les avait tant tabassés, tous, comme si une petite part de ces livres romantiques stupides s’était échappée des pages pour s’étaler autour d’eux. Une demande en mariage dans un jardin d’hôpital. Une demande de place dans leurs destructions éternelles. Il vient lui voler un nouveau baiser, pour essayer de rendre le moment un peu plus réel, et lui fait face en rouvrant les yeux pour entrecouper ses baisers de mots. « Yes. Yes. Yes. Stupid. Yes. » Quelques minutes de silence, de flottement, pour accepter, réaliser, se dire que parfois, on peut créer son propre bonheur, même si ce n’est que pour quelques secondes, qu’il suffit de lancer un oui dans la face de l’univers ligué contre soi, et qu’il se retrouve impuissant. « You’re the worst romantic I’ve ever met. You’re supposed to kneel before me.  And to offer me a goddamn ring, not some grass. Just for that I should say no and let you here to sulk. » Dédramatiser la situation pour ne pas se laisser porter par les émotions. Il libère ses lèvres pour se réinstaller contre lui en entrelaçant ses doigts autour de la main posée sur son cœur, et regarde la touche de vert, la touche d’amour, qu’Arlo y a laissé. « I don’t think we will ever be able to have any kids or to live in a big house somewhere. And frankly, I’ve enough to do with you, if I have to take care of kids as well, I’ll become mad. But I do want to spend my life with you. And I do want to be the first to know when you break. And I want you to be the first to know when I go too far. And I kind of want to keep saying that when everything will be alright, we will be a normal couple who makes friend with its neighbours and cooks apple pies together, even if it will never happen. But I love our chaos. And I love yours, too. That’s all that matters, right? »

Ses doigts viennent chercher des brins d’herbe, et il essaie de les mêler sans les casser, de créer une preuve physique de son oui, mais il n’est pas aussi agile qu’Arlo, et ses doigts tremblent, alors les brins d’herbe se brisent entre ses mains, et il se redresse en s’énervant dessus, et finit par prendre sa main pour poser un baiser sur son annulaire, forme immatérielle de ce qui ne s’achète pas. « ’Til death do us part, hm? » Un léger rire lui échappe de nouveau, il ne veut pas se réveiller, il ne veut pas découvrir que tout n’est qu’une grande supercherie, il ne veut pas voir la fatalité lui rire au visage en lui rappelant que le bonheur, c’est pas pour les gens comme eux. Il se relève, prend sa main, et tire dessus pour le relever à son tour. « C’mon. I’m the boss now. » Il s’accroche à sa main, en caresse le dos du bout des doigts en rentrant dans l’hôpital, laissant ses pas les mener jusqu’à l’ascenseur, et s’y infiltre avant que qui que ce soit n’ait fait attention à eux en attirant son amour contre lui pour dissuader n’importe qui de monter avec eux, en appuyant sur le bouton les menant au plus haut étage. « Will you wear a white dress? And do a strange hairstyle like … » Une nouvelle fois, ses doigts se perdent dans les boucles brunes pour essayer des les rassembler en amas difforme, laissant les mèches rebelles s’éparpiller n’importe comment sur le crâne de leur propriétaire. « Like something like that ? » Rire amusé entrecoupé par l’annonce de fin de l’ascenseur, moment enfantin terminé par un petit baiser avant de reprendre son chemin. Droite, droite, gauche, escaliers, puis droite encore, labyrinthe de chambres, labyrinthe de mort et de maladie, labyrinthe de tristesse emmenant à une lourde porte, qu’il pousse, qu’il bloque, pour laisser Arlo atteindre le toit. L’air revient les frapper au visage, plus frais encore, plus bruyant encore dans cet endroit si silencieux. « I didn’t bring any candle and the food here is disgusting, but if we pretend strong enough, we can have an engagement dinner. » Il va pour chercher dans ses poches, avant de se souvenir qu’il est vêtu par l’hôpital, et vient fouiller dans celles du brun pour récupérer les cigarettes et le briquet, pour en mettre une dans chacune de leurs bouches et les allumer avant de reprendre sa main. Doucement, il s’assoit sur le bord du toit, jambes dans le vide, et lui sourit en tirant un peu sur son bras. « Just sit next to me, don’t be scared. I won’t let you fall. I will never let you fall too hard without me. That’s marriage, Muffin. That’s also kind of what we have always done. Maybe we married when we met and didn’t even notice. You can’t fall without me. You can’t even hope to die without me. Where you go, I’ll go, whether you agree or not. I won’t let you go. I ... I can’t imagine how it’s like to live without you. Like, of whom am I supposed to think about when I wake up if you’re not here? Or who will drive me mad because of its stupidity and carelessness? Who will crash me and choke me on the sofa just because work was awful? Don’t you dare die before I do. I don’t want to see the world without any colour. » Le blond joue avec la main du brun, et il vient chercher un baiser, un autre, un énième, pour goûter au bonheur sucré qui s’épanouit au coin de ce sourire. Dépendant, esclave de l’existence d’un autre, incapable de vivre de lui-même. Blanche-Neige n’a jamais été sa seule addiction, comme au fond, elle n’a jamais été la plus importante. « And don’t buy any veil, I want to see your face all along so we can laugh about it later. »
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Arlo Bates


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MessageSujet: Re: I won't leave you alone in this world.   Mer 17 Aoû - 2:16



Ils ne sont rien, mais ils sont une bague d’herbe autour de l’annulaire. Ils savent la vérité, qu’ils ne seront jamais heureux, qu’ils ne seront jamais comme tous ces couples normaux qui défilent sous leurs yeux jours après jour. Même pour une demande en mariage, Arlo n'est pas foutu d'agir correctement. Un genou par-terre et une bague en métal trop cher. Non, il préfère lui demander comme ça, entre deux phrases, parce qu'ils vivent trop vite.Et alors ? Comme s'ils en avaient besoin, d'être comme tous les autres. Ils sont plus que n'importe qui d'autres, leur famille est plus forte, plus entière que n'importe laquelle. Et puis Mikhail il s'en fout comme lui, il lui répond oui, un grand oui, un oui rempli de mots qui pourraient être triste, un oui qui ferait peur à n'importe qui mais pas à Arlo, son oui le frappe en plein cœur et il en est touché, c'est stupide, bien sûr qu'il sait tout ça, mais il aime l'entendre. Ils peuvent ne jamais signer un quelconque papier, mais il a dit oui. Le blond lie leurs mains et l'embarque, qu'il le mène où il veut, l'autre ne fait que sourire comme un idiot, émerveillé jour après jour de leur capacité à rester en vie et à s'aimer comme ça, encore comme des gamins. Ils s'engouffrent dans l'ascenseur sans se lâcher, et le brun tire la langue aux personnes outrées, ou à l'infirmière qui sourit d'une façon tendre, ils sont tous dans le même panier, des dangers.

Porter une robe ? « Fuck yes! I have to be sexy that day. » Ce n’est pas comme s’il n’en avait pas déjà porté par simple plaisir, pour le travail, ou simplement en emmenant Delilah essayer des vêtements. Lâchez Arlo dans un magasin, et c’est facile de le retrouver : il sera soit vers les chemises à fleurs, soit vers les robes à en avoir les yeux émerveillé par tant de beauté. Quelle injustice que les regards soient étranges pour ceux qui daignent en porter en publique. Il en a une à sa taille dans les affaires de Delilah, sans jamais vraiment dire qu'elle est à lui, il n'ose pas. C'est pourtant pas le type qui a honte de quoique ce soit, il est toujours heureux de porter ses talons au beau milieu d'un salon dans lequel il débarque pour la première, pour lebaptiser, il le marque de ses pas comme un chat mettrait son odeur partout. Pensées éparses, secondes pendant lesquelles il le regarde sans vraiment le voir, avant que l'air n'achève ses rêves et ne le tire de ses questions trop nombreuses.

Un élan de foi fugace, la folie au corps, voulant tout brûler autour d'eux. « We'll die together, or we won't die at all. » Le gamin encercle Mikhail de ses jambes, prenant le plus appui sur ses genoux pour de pas peser sur le ventre du malade. Ils sont tranquilles ici. Bien sûr, dehors ils ne se cachent pas. Il ne se rappelle pas vraiment avoir déjà eu à lâcher la main de son amoureux, à devoir cesser de l’embrasser sous le regard dégoûté des autres ou sous les menaces. Il y en a eu. Il s’est déjà battu pour ça, Mikhail sans doute aussi. Delilah et Enoch ont déjà joué les chiens de garde quand ils sortaient à quatre. Bien sûr. Mais ils ont toujours continué, en ignorant le rejet. En ignorant les rires de ces idiots les premières fois qu'ils ont comprit que ces gosses étaient bien plus que de simples amis. Rien n’est plus important qu’eux-même. Il attrape les bras de Mikhail et les étend derrière lui, le bout de ses doigts glissant ensuite le long de la peau, défilant sur les cicatrices dont il est le fautif. Son sourire idiot et heureux s’est perdu, remplacé par la tristesse. Un peu de désespoir. « We’re fucked up. » Puis ses mains s’emmêlent dans ses cheveux, sur son visage, il retrouve la lumière. Il est beau, il est si beau, il ressemble à un putain d'ange tombé du ciel parce qu'il tenait pas sur ses jambes, un ange que Dieu a lâché par erreur et qu'il va finir par récupérer en se rendant compte de sa connerie. « Fucking beautiful. I don’t deserve you, you know that Pookie ? » Mikhail mérite l'univers, et un garçon capable de le maintenir en vie, pas une loque qui s'accroche à lui. Un baiser, un centième depuis qu'ils se sont retrouvés, et il remonte le bras jumeau, saigné de souvenirs, à ses lèvres pour tracer une danse du bout des siennes, une de celles qui serrent de douleur, de tristesse. Caresse doucereuse qui se poursuit sur son épaule, dans sa nuque, ses phalanges s'accrochant au ventre de son amoureux. Élan pulsionnel, il se stoppe en morsure douce sur sa gorge, marque violette éphémère. “You're ill, you're gonna be sick if you stay outside, husband.” Il a un sourire con sur le coin des lèvres, un truc tendre quand il l'embrasse de nouveau – certains pourraient croire qu'ils se lasseraient, à s'être connus si jeunes. Mais Arlo ne se lassera jamais de tout ça, du goût de sa bouche, de son odeur, ni des traces de poudre sur ses vêtements. But I don't want to move. So tell me... Il continue de pianoter sur la peau à sa disposition. What kind of dress ? And I want a cake. And Delilah will be my bridesmaid. And I want you naked, but I guess we can't be naked for a wedding. Oh ! We can have space cakes, can't we ?Il parle toujours trop, et il écrase Mikhail sous son poids, parce que la vie est belle, parce qu'ils sont vivants.
 
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