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 so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore

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Abel Wildingham


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MessageSujet: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Lun 23 Mai - 13:27


Le manque lui gratte le cœur, même s’il ne se l’avoue pas. Ce serait idiot de le dire, c’est déjà idiot de le vivre, après tout c’est eux qui sont partis. C’est sans doute le pire souvenir de sa petite vie. Un idiot de Gryffondor qui vient l’asticoter, qui se moque de lui sur des choses dont il ne se rappelle pas. Abel ne se souvient jamais des raisons de sa colère. Toujours est-il qu’énervé, il l’a insulté sur sa naissance hautement douteuse, avec ses parents moldus et pauvres, et c’est à cet instant que tout avait dérapé. Des insultes, des coups, de la magie, et Abel voit rouge, son cœur bat trop fort et le plus proche chaudron explose. Le prof gueule, bien sûr, il lui dit de se calmer et commence à lancer des sorts pour protéger les chaudrons, mais il n’est pas assez rapide, alors il fait sortir ses élèves – même les Gryffondor, alors que le cachot se détruit peu à peu. Abel, il ne se souvient de rien, tout est bien trop fouillis dans sa mémoire, il se rappelle de la douleur, de son corps qui se tord et qui hurle quand les produits le touchent. Il ne se réveille qu’une semaine après au fond d’un lit blanc, entouré de plusieurs Médicomages et d’infirmiers. Ses blessures superficielles ne sont pas un problème, elles n’existent déjà plus, mais son œil est gravement atteint et l’état ne pourra que se détériorer au fur et à mesure des années. Pendant cinq mois, il apprendra à développer ses autres sens et à réutiliser correctement les membres dont les nerfs ont été attaqués par les projections. Dans dix ans, ses gestes seront encore bloqués quelques fois.

Ce jour, il a tout perdu. Son année, la confiance de son père, et ses amis. Ils lui ont tous tourné le dos. Ce jour, il a effrayé toute sa classe. Mais surtout Archie. Le cœur se serre encore quand il y pense, Archie avait essayé de le calmer, de l’enlever de cet endroit pour qu’il ne devienne pas dingue, et lui, tout ce qu’il a pu faire, c’est lui envoyer un sort violent pour l’éloigner. Abel ne sait même pas quel sort est sorti, sa baguette a décidé d’elle-même, soumise à la tourmente de son possesseur, elle a tout expulsé sur Archibald. Oh, s’il avait pu décider… il n’aurait pas choisi le garçon. Il l’aurait protégé de sa colère seulement pour ne pas voir son regard effrayé quand ils se croisent, pour qu’il cesse de l’éviter. Pendant cinq ans, ils s’étaient rapprochés jusqu’à dormir souvent ensemble, traîner dans les bras de l’autre, au point où les autres garçons du dortoir prenait Abel à part pour lui demander où lui et Archie en était. Nulle part. Ils sont seulement amis, non ? Bien sûr, c’est faux. Il ne sait pas ce qu’ils sont. Archie est à la fois le tout, le rien. Et puis, il se rappelle d’un soir, à Saint Mangouste. Tout reste assez brumeux, il n’est pas sûr de lui. Abel se rappelle d’Archie, venu le voir alors qu’il dormait à moitié, les yeux dans le vague. Il se rappelle d’Archie qui est venu l’embrasser et qui est reparti sans lui dire un mot. Depuis, il l’évite.

Plus aujourd’hui.
Ça suffit. Abel supporte sans broncher l’absence de ses amis, mais celle d’Archie est trop cruelle. Il ne peut pas l'oublier, ses yeux se perdent encore sur lui, chaque mouvement lui rappelle ce qu’il a perdu ce jour. Il veut rattraper le temps perdu, ce soir, il ne lui laissera pas le choix. Vingt-deux heures, il descend un verre de whisky pur feu sorti de nulle part se donner un peu de courage. Vingt-trois heures, il sort dans le parc discrètement pour fumer, à cette heure les professeurs ne sont pas pressés de fouiller les couloirs à la recherche d’adolescents qui ne respectent pas le couvre-feu. Minuit, il se tourne, se retourne, et son cœur commence à battre violemment. Enfin, à une heure il gravit les quelques marches qui le séparent de son ancien dortoir. La porte s’ouvre, et aussitôt il jette des sorts de silence sur les autres lits, si personne ne le découvre en plein milieu du mauvais dortoir, ce serait mieux. Silencieux, il observe le garçon dormir, un pincement au cœur. Si Archie s’éveille brusquement, c’est la fin.

Abel se penche légèrement au-dessus de lui et pose une main sur sa joue, tout en douceur, sans mouvement brusque, puis il murmure. « Archie. Réveille-toi. » Il est stupide de tenter ainsi le tout pour tout, de brusquer les choses. Mais ces derniers temps, les souvenirs d’Archie et son baiser dont il n’aurait pas dû avoir conscience lui reviennent en mémoire, lui frappe les pensées avec violence, engrangeant une fichue tornade dans ton son corps.
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Archibald McClivert
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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Lun 23 Mai - 13:32


Le sommeil ne te gagnera pas aisément cette nuit non plus, il s'agit là presque d'une sorte de rituel nocturne quotidien. A chaque nuit ses souvenirs difficiles, entre sortilèges et potions, mais ce soir il ne s'agit pas de n'importe quel souvenir, non, celui-ci n'est autre que celui du jour où tu l'as perdu. Abel, les deux syllabes de son prénom s'immiscent dans tes pensées et d'autres souvenirs affluent, une amitié solide, pourtant le fruit d'une rencontre fortuite au cours de votre première année, vous vous étiez pourtant instinctivement trouvés l'un et l'autre, comme deux âmes-sœurs, deux aimants incapables d'aller à l'encontre de leur attirance. C'était une amitié spéciale, la première du genre que tu nouais : jamais tu n'avais dormi dans les bras d'un autre camarade auparavant. Tu n'as pourtant jamais été la plus tactile des personnes, mais avec lui tu étais différent, tout était différent. Tu t'emmitoufles un peu plus sous tes couvertures, bien obligé de penser à votre relation au passé. Les Moldus disent pourtant que toutes les bonnes choses ont une fin, votre amitié était probablement une des meilleurs choses qu'il te soit arrivé et ce sont bien ses actes qui y ont mis fin.

Tu ne parviens toi-même pas à te souvenir de la manière dont l'altercation avait commencé, mais tu connais parfaitement le tempérament explosif de ton ancien ami, c'est même ce qui fait sa singularité: tu as toujours assimilé Abel à une bombe à retardement ou même une simple mèche n'attendant que la petite étincelle qui suffirait à l'allumer. Inquiet de la virulence des insultes qui fusaient dans tous les sens et à l’affût des baguettes prêtes à être brandies, tu t'étais immédiatement interposé entre ton ami et son adversaire du jour, probablement un Poufsouffle irréfléchi ou Gryffondor suffisamment courageux pour jeter de l'huile sur la torche humaine qu'est Abel. Si tu te doutais que tu n'arriverais certainement pas à calmer ton ami sur le coup, tu ne te serais cependant jamais attendu à ce que le Serpentard n'engage le combat à coup de sortilèges en ignorant ta présence dans un premier temps et encore moins à ce qu'il ne t'attaque ensuite pour que tu cesses de faire obstacle à sa cible.

Aujourd'hui encore, tu es incapable de te souvenir de ce qui t'a fait le plus mal, le sortilège ou la trahison ? D'accord, tu es bien conscient qu'Abel est absolument hors de contrôle lorsqu'il se met en colère, mais cela n'empêche qu'au plus profond de ton être résidait comme un espoir, un espoir que, peut-être, tu serais une exception pour lui autant qu'il en était une pour toi et jamais, au grand jamais, tu n'aurais pu penser qu'il aurait été capable de te faire du mal un jour, aussi bien physiquement qu’émotionnellement. Il est parvenu à réaliser les deux en seul acte impulsif, d'une pierre deux coups. Ce jour-là fut la dernière fois que tu lui adressa la parole. Tu ne l'avouerais pour rien au monde, mais une part de toi ne peut s'empêcher d'être un peu effrayée par lui depuis car même si tu l'avais déjà vu dans tous ces états, tu n'avais jamais été une de ses... victimes.

Tes souvenirs t'absorbent, bons comme mauvais et tu es bien obligé de te l'avouer à toi-même, Abel te manque. Votre complicité, vos conversations, vos silences, vos rires et son fameux commerce de potions douteuses dans la salle sur demande. Un léger rire t'échappe à cette pensée. Cependant, le mal est fait, tu ne sais pas si tu seras capable de lui pardonner un jour et même si votre éloignement te pèse, à chaque fois que tu l'aperçois il y a cette boule qui t'entrave la gorge et lorsqu'il essaye de te parler, tu l'ignores simplement comme s'il n'était qu'un vulgaire fantôme de maison. Tu lui a déjà fait tes adieux, même s'il ne le sait pas, cette fameuse nuit où tu t'étais introduis dans sa chambre à Sainte-Mangouste, tu voulais simplement t'assurer qu'il allait bien, mais tu en as également profité pour sceller la fin de votre amitié d'un baiser, un baiser d'adieu.

Morphée t'enlace sur ce souvenir précis qui, étrangement, arrive à lui seul à faire vibrer ton cœur et même chaque parcelle de ton corps. Cependant ton sommeil sera très rapidement écourté, une caresse sur ta joue, un murmure à ton oreille et tes yeux s'ouvrent en grand, tu reconnaîtrais cette voix parmi toutes celles d'un Chemin de Traverse bondé. Tu paniques, tu essayes de jouer l'endormi dans un premier temps, mais sous son insistance et le désespoir dans sa voix, tu finis par te redresser, évitant soigneusement de croiser son regard. Tu restes silencieux pendant quelques secondes, cherchant les mots appropriés avant de trancher simplement « Qu'est-ce que tu veux Wildingham ? »
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Abel Wildingham


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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Lun 23 Mai - 13:37

Oh, et puis tais-toi mon cœur, on s’en fout si quelqu’un se réveille. Ils connaissent tous Abel, ils savent tous qu’il y a avait ce truc particulier entre les deux garçons, ce truc qui a lamentablement explosé en même temps que les chaudrons ce jour-là, ce truc qu’eux-mêmes n’avaient jamais défini. Qu’est-ce qu’il peut bien craindre, à part la colère, les injures et les railleries. C’est bien normal de se moquer d’Abel si on le voit là, dans son ancien dortoir, en pleine nuit, vers le lit de son ancien ami. Ce serait juste le mec qui n’arrive pas à passer au-dessus, pourquoi il n’y arrive pas ? Pour tous les autres il a eu le cœur serré au début, puis plus léger, et enfin un haussement d’épaule tant pis, c’est la vie, il l’a bien cherché. Mais Abel, il ne peut pas se convaincre de tirer un trait sur Archie, à gommer cinq ans de son existence, comme si ça n’avait jamais existé. Il ose enfin, il pose sa main sur la joue imberbe avec un sourire, il fait plus jeune que lui ce garçon, on lui collerait quinze ans à tout casser. Ça doit être pour ça qu’il n’a jamais pu détourner ses yeux de lui, il a eu envie de le protéger, de tout lui épargner, pour finir par lui balancer un sortilège sous la colère. Rien que d’y penser, des frissons lui parcourent le dos, désagréables, oh Archie je suis désolé. Pourquoi est-ce qu’il ne l’a jamais bloqué dans un coin de couloir, sans lui laisser de porte de sortie pour enfin l’obliger à le regarder ? Il lui a fallu combien de temps pour avoir le courage de lui parler, d’oser le diable ?

Le garçon rouvre les yeux, se redresse, mais il prend bien garde à ne pas le regarder. Il lui fait si peur que ça ? Il le dégoûte à ce point ? La bête colérique se réveille un peu mais Abel l’apaise en inspirant profondément, ce n’est pas le moment de s’énerver, Archie vient de lui adresser plus de mots en quelques secondes qu’en trop de temps. Ce qu’il veut ? Comme s’il ne le savait pas le gamin, et encore une fois une vague cynique, rageuse le happe, mais il lutte, il est plus fort que ça. Au contraire, il s’efforce de prendre un ton doux et en contrepartie il ôte la main de sa joue. Il ne faut pas trop en demander, même si sa peau est un aimant. « Te demander de me pardonner. » Il ne lui laisse pas le temps de parler, et reprend. « Je n’ai jamais voulu te… Désolé. C’était de la malchance, ma baguette a déconnée et t’étais là. Je ne t’aurais jamais visé Archie. J’maitrisais rien. » Il ose, enfin, chercher sa main discrètement, avant de frôler le bout de ses doigts, craignant un rejet violent. Abel, c’est loin d’être un garçon tactile, surtout depuis l’incident. C’est plutôt le type froid qui ne veut plus rien avoir à faire avec les autres, des rires, des délires, tout ça pourquoi pas, mais les mains qui se touchent, les bras autour des épaules, les souffles dans le creux du cou, ce n’est pas pour lui, dès qu’une fille ou un garçon s’approche trop de lui il recule comme un chat effrayé. Depuis deux ans, personne n’est venu se réconforter dans ses bras, et ça lui manque un peu. Beaucoup.

Un peu plus sérieux maintenant il capture les doigts qu’il vient tout juste de frôler dans sa main, comme quoi il ne peut pas rester sans le toucher plus de quelques minutes. Et encore, il combat l’envie brûlante de l’attirer contre son torse pour le serrer dans ses bras, comme avant. Mais c’est plus comme avant. « Je sais que t’es venu me voir à Saint-Mangouste… je dormais pas. Presque pas, j’étais un peu dans les vapes. » Abel hésite, sans oser en dire davantage, il ne peut pas lui jeter comme ça ce qu’il pense avoir obtenu pendant cette soirée dans sa chambre d’hôpital, ce serait le mettre au pied du mur. Le Serpentard a aussi envie d’aboyer, de lui demander pourquoi il n’est pas revenu le voir. Il avait besoin de lui à ce moment, mais il avait passé cinq mois dans le brouillard, se confrontant au silence de tous ses anciens amis. Il avait eu besoin d’Archie et de ses bras pour le consoler quand les médicomages lui ont appris que son œil finirait complètement aveugle d’ici quelques années. Abel avait eu besoin de lui, et il n’avait pas été là, il ne devait même pas le savoir, et au fond, il sent comme de la rancœur envers lui, de l’avoir abandonné comme ça pour un pauvre petit sort mal placé.
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Archibald McClivert
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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Lun 23 Mai - 13:42


Sa main posée sur ta joue, le contact électrise tes sens et ton corps lui non plus n'est pas en reste. Cependant tu n'en montres rien, tu cultives volontairement cette froideur dont il demeure néanmoins le malheureux instigateur puis il la retire bien vite sa main, comme pour éviter la brûlure, la brûlure par le froid. Son retrait a au moins le mérite de te ramener à la réalité, juste à temps pour entendre la réponse à la question qui n'en était pas vraiment une, au final. « Te demander de me pardonner. » Et tu ouvres la bouche dans l'espoir de mettre un terme rapide à ses suppliques, mais Abel en décide autrement. « Je n’ai jamais voulu te… Désolé. C’était de la malchance, ma baguette a déconné et t’étais là. Je ne t’aurais jamais visé Archie. J’maitrisais rien. » Tu fermes les yeux, t'entends là rien de nouveau, tu le sais bien tout ça, au fond. Mais ça t'empêche pas de lui en vouloir pour autant. Il décide de profiter de mon apparent moment de vulnérabilité pour lancer sa main à la recherche de sa moitié, qu'elle ne tarde pas à rencontre et tes yeux s'ouvrent en grand.

C'est un tout autre contact, un qui fait remonter les vieux souvenirs, des jours heureux, tu te surprends même à serrer sa main un peu plus fort dans la tienne. Ne me lâche pas, ne me lâche plus Abel.. Aucun mot ne franchit la barrière de tes lèvres, tu n'as jamais été un adepte des paroles inutiles, les gestes parlent mieux d'eux-mêmes. Tu te décides enfin à affronter son regard, non, cela n'a plus rien d'un affrontement, cela ressemble davantage à un baiser : c'est comme embrasser son regard, embrasser une vérité, une évidence, une âme. Des âmes-sœurs. Tu n'en douteras plus à présent.

« Je sais que t’es venu me voir à Saint-Mangouste… je dormais pas. Presque pas, j’étais un peu dans les vapes. » Tu libères instantanément tes cordes vocales. « J'ai pas vraiment réfléchi. Désolé. » Tu ignores la raison même de tes excuses. Pourquoi continuer à se voiler la face ? Au point où vous en êtes... Tu te redresses lentement, sa main toujours prisonnière de la tienne, tu regardes vos doigts, presque avec une certaine gêne, avant de les entrelacer. « T'avais pas à t'excuser, je... J'sais même plus pourquoi je t'en voulais pour être honnête... Enfin si, on le sait bien tous les deux, hein ? Je veux dire, tu peux pas être con au point d'ignorer... ça. » Tu prononces ces quelques mots avec une confusion et une gêne apparente, le regard toujours perdu dans l'entrelacement de vos doigts.
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Abel Wildingham


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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Lun 23 Mai - 13:48

Il s'excuse, et ça ne te plaît pas. T'as pas envie qu'il s'excuse, pas pour rien, surtout pas pour quelque chose de cette époque. Ferme ta gueule, Abel. Ne lui balance pas tout d'un bloc, à grand renfort de mots doux et débiles. Ça fait des années qu'ils s’amassent au bord de tes lèvres ces mots. « Je ne te demande pas à ce que tout revienne comme avant. » De toute façon, tu ne pourrais pas. T'as peur de toi-même, de ton ombre, du monstre qui ravage ton corps de pleine lune en pleine lune. Il faudrait lui imposer ça, lui dire enfin la vérité que tu dissimules depuis ton arrivée par tu ne sais quel miracle, par des mensonges d'une quelconque maladie qui te demande des soins réguliers. Boh, ils avaient du deviner depuis le temps, non ? Mais tu ne veux pas lui dire, lui avouer. « Je veux juste... » Lui. Mais ça serait un peu déplacé de le balancer de cette façon après des mois sans vous parler, un accident de baguette, un sort perdu et la vue qui se déglingue. Ça ferait beaucoup, même avec autant de temps. « Tu me manques. » Parce qu'au fond tu ne sais pas ce que tu veux, et que c'est la seule vérité décente que tu peux articuler au beau milieu de la nuit, en fixant vos doigts enlacés. C'est un peu comme avant. Avant qu'il ne t'embrasse à Sainte-Mangouste. L'espace de quelques secondes, l'idée de lui en parler paraît presque bonne. Mais lui avoir dit que tu ne dormais pas est suffisant. Mais est-ce que maintenant, tu peux tenter quelque chose ? Quoi, tu ne sais pas, mais quelque chose. Comme dire un truc là-dessus, sur ce qui te démange depuis que tu le connais ? Ou est-ce que c'est fini, enterré, qu'il faisait ça juste pour te prouver que t'étais un abruti, ou alors maintenant il a quelqu'un, mais à force tu le stalkes tellement que tu le saurais, ou quelqu'un se serait fait un malin plaisir de te le balancer pour te voir grimacer – parce que, bien sûr, sur toute l'école il n'y a que lui qui n'a pas pigé. Ou a fait semblant de ne pas piger. Il faudra bien lui dire un jour, même si c'est pour te couvrir de ridicule, ce n'est pas si compliqué de balancer un simple je suis amoureux de toi, quand même. Rien que l'idée te donne envie de te terrer au fond de ton lit, et tu préfères te transformer mille fois que de le lui dire. Ton cerveau va trop vite pour toi, merde. Tu ne sais plus comment agir, alors tu fais comme toujours, tu ne lui laisses pas le temps de réagir et profite de sa main prisonnière pour l'attirer contre toi, avant de refermer tes bras autour de lui, un petit sourire se dessine enfin quand ses cheveux chatouillent ta joue. La vague d'apaisement est monstrueuse, tout en toi se délie, se détend, tu n'as plus envie d'hurler ou de fracasser l'école meuble par meuble, ou élève par élève. « T'es trop maigre et petit pour t'enfuir, désolé pour toi. » Quand tu le dis en riant, tu n'as pas l'air si désolé que ça. Au contraire, t'éclates de bonheur s'il fallait trouver une description juste. Puis la voix se voile, et ton visage se retrouve enfoui dans ses cheveux, « Tu pourras me frapper après. J'en ai juste besoin, quelques secondes. » T'es ridicule.
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Archibald McClivert
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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Mar 24 Mai - 19:52

il essaye de te rassurer, mais la vérité c'est que toi t'en as bien envie que tout redevienne comme avant, parce que depuis l'accident il te manque quelque chose, il te manque. c'est fou, mais sans lui tu te sens incomplet, seul, vide. si t'as plus envie de sourire c'est parce que ton sourire lui appartient. tu te forçais pourtant depuis votre éloignement, pour le blesser, pour lui faire croire que t'avais pas besoin de lui, mais ce n'était rien de plus qu'une illusion, une illusion qui s'est effondrée à l'instant même où ses bras se sont refermés autour de ton corps, parce que ton corps lui appartient. tu te blottis volontiers contre cette moitié qui t'avais tant manqué, tu passes tes bras sous ses épaules et tu t'autorises à fermer les yeux l'espace de quelques secondes. « t'es trop maigre et petit pour t'enfuir, désolé pour toi. » tes paupières s'ouvrent à nouveau. si seulement il savait, t'as absolument aucune envie de t'enfuir puis d'ailleurs si ça tenait qu'à toi, tu les quitterais jamais, ses bras. « tu pourras me frapper après. J'en ai juste besoin, quelques secondes. » tu te mords la lèvre inférieure, ça fait un moment que t'as pas parlé, c'est surtout que t'as peur de ce que tu pourrais lui avouer, troublé par toute cette complicité, cette proximité retrouvée. mais la vérité, c'est que jamais t'auras envie de le frapper. « j'ai plutôt envie de t'embrasser. » hoquet de surprise, ça aussi ça t'a échappé. puis tu te demandes s'il le sait, tu te demandes s'il les sent les battements de ton cœur, parce que ton cœur lui appartient.
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Abel Wildingham


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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Ven 27 Mai - 13:25

Les autres t'ont trop charrié, maintenant t'as peur du moindre de tes sentiments pour Archie. C'est trop évident, sauf pour lui. Tant de nuits passées l'un contre l'autre, sans jamais énoncer ce que vous saviez l'un et l'autre. Ton cœur s'ébranle au moindre contact, d'abord sa main, puis son corps contre le tien, pour rien au monde tu ne le laisserais t'échapper. Et les mots qui heurtent, qui surprennent, est-ce qu'un jour quelqu'un a pu croire que tu les entendrais ? « j'ai plutôt envie de t'embrasser. » Un sourire, un soupir, tu recules de quelques millimètres et défais tes mains qui le maintenaient pour les porter à son visage. Pour caresser ses joues, t'as pas vraiment de mots, t'observes juste ses yeux pour savoir s'il le pense vraiment. L'envie te crève, tes pensées s'affolent, tes lèvres sont sèches, ta gorge te démanges. Le temps s'égraine, quelques secondes pour t'agenouiller sur le lit, face à lui. Les mots ne viennent pas alors tu te penches, un peu, vos lèvres s'effleurent avant que les tiennes ne reculent, courbées par un sourire stupide, amoureux, les joues rouges d'une adolescente enamourée pour en rajouter. Une main dans ses cheveux pour les tenir, avec légèreté, loin de toi l'idée de le brusquer avec ta violence habituelle, tu reviens à l'attaque, fleur grappillant le moindre éclat du soleil. Tu restes plus longtemps contre sa chair, un fou amoureux, tu veux tout ce qu'il daigne t'offrir mais le loup rugit un peu trop fort. Un murmure, « J'ai pas rêvé ce qu'il s'est passé à l'hôpital, hein ? » Le baiser n'était pas un mirage, il n'était pas un au-revoir non plus. Les mensonges, les cachotteries, s'évadent, elles ne comptent plus sur l'instant,  oublié le loup-garou, oubliée l'attaque. Un pauvre rire con, tu ne peux pas t'en empêcher avec ton cœur qui explose en milliers d'étoiles. «  Nous sommes deux dans ce cas mon cher.»  T'as sûrement déposé le goût du whisky sur ses lèvres, il t'engueulera sûrement mais sans ça, tu ne serais jamais monté dans son dortoir. Les phalanges se font plus présentes sur son crâne, vos lèvres se retrouvent -impossible de s'en passer désormais, fou d'avoir vécu si longtemps sans les connaître. « J'y ai pensé peut-être trop souvent. »
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Archibald McClivert
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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Jeu 15 Déc - 0:20

Un sourire. Ce putain de sourire qui accoste les rivages de son visage. Son navire, il abrite une ribambelle de pirates, des sauvages. Ils demandent qu'à s'emparer de ton cœur, qu'à y faire des ravages. Une attente. Une éternité. Ses mains sur ton corps. Tu le sais, hein Abel ? Tu le sais qu'un jour tu la causeras ma mort. Il te plante son regard dans les iris à la façon de Cupidon avec sa flèche. T'essayes même plus de voiler les millions d'étoiles qui illuminent tes yeux, t'essayes plus de dissimuler à quel point le manque te tue à petit feu, à quel point t'en es amoureux de ton petit aveugle coléreux. Il retient ton mal en patience, effleurement de vos lèvres. Tremblement de nerfs. Sa main dans tes cheveux, tu fermes les yeux. Serait-ce ta punition ? L'attente ? Ce châtiment que tu lui as infligé et qu'il t'inflige à son tour. « J'ai pas rêvé ce qu'il s'est passé à l'hôpital, hein ? » Les graves de sa voix brisent le silence, l'infini. Tu te permets un sourire aigu, un doux murmure. « Non. » Puis tu te sens ridicule, honteux. Avoir continué à prétendre pendant tout ce temps, alors qu'il en avait eu conscience, de l'évidence. Tu te sens tellement con, tellement qu'il en rit. « Nous sommes deux dans ce cas mon cher. » Il n'accorde même pas de répit à ta surprise, juste le goût de ses lèvres. Ton cœur explose, ton corps s'embrase, ton esprit s'évase. Le souffle court. « J'y ai pensé peut-être trop souvent. » Et toi donc. Combien de temps tu l'auras attendu, ce baiser, ce dénouement ? Une éternité. T'es obnubilé. T'as même plus le temps de penser au goût alcoolisé de son baiser. Dans ton esprit, dans ta peau, lui. « Ferme-la et embrasse-moi ! » Mais cette fois c'est toi qui l'embrasse, c'est toi qui l'embrase. Tu ne mimes pas sa douceur, ton baiser se fait plus sauvage, comme si de vous deux c'était toi l'animal. Vous finissez à l'horizontale et tu te fais moins brutal. Tes mains se perdent dans sa chevelure et ta langue, elle, dans sa bouche. Tendrement tu réalises. Tu le hais en fait, tu le hais pour l'effet qu'il te fait.
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Abel Wildingham


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MessageSujet: Re: so keep breathing 'cause I'm not leaving you anymore   Jeu 2 Fév - 19:34

Vos retrouvailles s'enflamment, tes mains ne restent pas en place, glissent et s'agrippent dans ses cheveux, dans sa nuque, contre sa colonne, tout pour le rapprocher au plus près de toi, de ton corps, tout pour ne pas perdre une goutte de ce mirage : toi tu l'aimes, tu le désires, pas lui, t'as toujours vu les choses comme ça, sens unique, acceptant l'idée, te complaisant dans le vide sans te laisser aller à l'espoir. Mais il te démontre l'inverse, te prouve son contraire, te tire un soupir plus animal. Archie a envie de toi, et rien que cette affirmation te suffit. Il t'aime, quelque part, et même si ce n'est qu'un instant c'est plus que ce que tu n'as pu espérer toutes ces années. Le loup supplie au fond de toi, aller, cesse de te contrôler mais tu crispes un peu plus tes doigts contre sa nuque et son dos, l'enfermant entre tes bras, contre toi, crevant sous un rugissement plus fort que toi « Tu sais quoi ? » c'est rauque, difficile. Tant pis, tant pis pour le moment ou pour les excuses, tant pis si ce n'est pas approprié, ces mots sont incrustés dans tes veines depuis trop longtemps pour que tu les muselles encore et encore. « Je veux plus la fermer » tes ongles dessinent de douces arabesques sur sa peau, le bout de tes doigts viennent les effacer par des caresses, t'as l'impression que tout ce qui te compose est vivant, terriblement vivant. Est-ce que t'as su respirer pendant deux ans ? Tu te noyais sûrement. Ta voix devient un souffle contre son oreille « Je t'aime. » tu t'y prendrais autrement si tu savais votre futur. Amoureux heureux, tu encercles ses joues pour le regarder alors que tu relâches ces mots je t'aime  c'est une putain de libération, plus de mensonges, ou alors juste moins, ça ne sera plus un doute, un soupçon, une incertitude, tu scelles cette promesse silencieuse en un baiser brusque, toujours brusque, trop brusque, t'as peur de le casser en usant sa peau avec tes lèvres, de creuser des sillons sur sa gorge, ses épaules, tu voudrais le marquer, qu’il t’appartiennes pour vos heures sur cette terre, qu’il soit ta proie unique jusqu’au bout. mais il y cette peur, et les autres autour de vous qui peuvent ouvrir l’œil à n'importe quel instant, qu'ils essaient d'exister tu pourrais les tuer sur le champ, rien d'autre n'importe. tu veux que rien d'autre n'importe que lui, dans tes bras.
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